16. Richmond Lodge – Maison Armstrong

Richmond Lodge, aussi appelée maison Armstrong, avec une vue ancienne de sa véranda.

Au 35, rue Armstrong dans le quartier Hintonburg, une maison de style néoclassique, élégante mais simple, était la demeure du premier juge du comté de Carleton. Elle se trouve sur une légère élévation, d’où jadis, un chemin sinueux bordé d’arbres descendait vers le chemin Richmond en traversant une prairie et un grand jardin. Son caractère néoclassique est affirmé dans l’importance donnée à l’entrée, avec son chambranle à imposte rectangulaire et ses fenêtres latérales, et dans le porche avant à colonnes.

Christopher Armstrong (1801-1874) est né à Leitrim, en Irlande, où il a reçu sa première éducation. Il a émigré au Haut-Canada en 1819. Après des études en droit à Toronto et à Belleville, il sera admis au barreau en 1834. En 1842, il est nommé juge du district de Bathurst, puis peu après, juge des cours de district et de tutelle du nouveau district de Dalhousie, qui deviendra le comté de Carleton en 1850.

En 1854, Armstrong achète de Nicholas Sparks 18 acres de terrain à l’ouest de ce qui est maintenant le chemin Bayview. Il y construira plus tard la grande résidence de pierre qu’il appellera Richmond Lodge.

Le recensement de 1861 du Haut-Canada confirme que le juge Armstrong, son épouse et leurs quatre enfants étaient résidents du canton de Nepean, vivant dans une maison en pierre de deux étages. Le recensement de 1891 précise que la maison Armstrong était une demeure en pierre de 16 pièces.

En plus de ses fonctions judiciaires, Armstrong servira la communauté de Bytown en tant que président de la Société Saint-Patrick d’Ottawa, membre du conseil de l’Hôpital général protestant et bienfaiteur de l’Institut et Athénée des mécaniciens de Bytown.

La biographie complète figurant dans l’Illustrated Historical Atlas of the County of Carleton note que lorsqu’il est mort, « la magistrature a perdu un de ses plus brillants ornements, le pays, un de ses meilleurs citoyens, et la population d’Ottawa, un ami dont la place ne sera pas aisément reprise et dont le souvenir nous restera à jamais précieux ».

La famille Armstrong a continué d’habiter le Richmond Lodge jusqu’à la mort de Mary Anne, veuve du juge, en 1901. Une bonne part de la propriété avait été subdivisée en 1874 et 1885.

En 1908, la propriété est achetée par les Sœurs grises de la Croix, une communauté vouée à l’enseignement. Un an plus tard, le Conseil des écoles séparées construit l’école Saint-Conrad du côté nord de la propriété. Saint-Conrad sera une école primaire pour filles jusqu’à ce qu’elle soit fermée en 1963 et que les sœurs quittent la résidence. Le Conseil des écoles séparées d’Ottawa utilisera brièvement la maison pour entreposer des meubles.

En 1976, dans le cadre du plan de conception communautaire pour Ottawa Ouest, la maison Armstrong est désignée « comme étant d’intérêt architectural et historique [...] [faisant] partie du regroupement de magnifiques domaines de campagne à l’ouest de la ville, sur l’historique chemin Richmond ».

La maison sera victime de démolition par négligence jusqu’à ce qu’elle soit achetée en 1984 par Eric Cohen, entrepreneur local et négociant en antiquités architecturales. Cohen recevra des subventions de la Fondation du patrimoine ontarien et de la Ville d’Ottawa pour la réalisation de travaux de restauration. En 1988, la Ville octroiera au projet un prix d’excellence en conservation du patrimoine.

Richmond Lodge, qu’on appelle aujourd’hui maison Armstrong, occupe la moitié de l’îlot urbain entre les rues Garland et Hilda, une rue au nord de la rue Wellington Ouest. Des spécialistes du patrimoine avancent que le toit mansardé a été ajouté lorsque les Sœurs grises ont acheté la maison.

Sources

H. Belden & Co. Illustrated Historical Atlas of the County of Carleton (y compris la ville d’Ottawa). Toronto : H. Belden, 1879.

Ottawa: Guide du patrimoine bâti. Ottawa. Comité consultatif local sur la conservation de l’architecture, 2000.

Sharon Trottier. « Saving our Heritage », Ottawa Citizen, 12 mars 1988, p. 57.