29. La basilique Saint Patrick

Vues anciennes et actuelles de l’extérieur et de l’intérieur de la basilique Saint Patrick.

Dès 1828, des catholiques d’origine irlandaise vivant dans la haute-ville de Bytown ont entrepris de réunir des fonds afin de se construire une église au 240, rue Kent (à l’angle de la rue Nepean). Un de leurs chefs de file était Daniel O’Connor (1801-1853), arrivé à Bytown en 1827 en provenance de Waterford (Irlande). Il deviendra un marchand important et prospère. Il se dit que sa fille, née en 1827, a été le premier enfant européen à être baptisé à Bytown.

Les catholiques de la haute-ville n’ont pas de lieu de culte permanent avant 1852. Cette année-là, l’évêque Guigues (le premier évêque d’Ottawa) a acheté l’ancienne église méthodiste de la rue Sparks et lui a donné le nom de St. Andrew’s. En 1866, la paroisse a changé le nom, adoptant celui de Saint Patrick pour honorer le saint patron d’Irlande et éviter toute confusion avec l’église presbytérienne St. Andrew’s, plus haut sur la rue Kent.

Lorsqu’Ottawa a été choisie comme capitale du Canada, la haute-ville a vu son importance et sa population grimper en flèche. La communauté avait besoin d’une plus grande église. En 1864, le prêtre de la paroisse, le père James McGrath, achète du terrain sur la rue Kent. En 1869, la paroisse engage Augustus Laver pour dresser les plans d’une nouvelle église de style néogothique.

Laver entamera la construction de l’église Saint Patrick en 1869. King M. Arnoldi, suivant les plans de Laver, complétera l’ouvrage en 1874-1875. Laver avait construit les édifices de l’Est et de l’Ouest du Parlement (1859-1864) avec son partenaire Thomas Fuller. En 1872, la pierre angulaire est bénie par l’évêque Guigues et posée par le premier ministre John A. Macdonald. La première messe est célébrée le jour de la Saint-Patrick en 1873, dans une église inachevée. Le bâtiment a été souvent rénové et agrandi au cours du 19e siècle, ainsi que plus récemment. L’église a reçu le titre de basilique le jour de la Saint-Patrick en 1995.

L’édifice néogothique de Saint Patrick est dominé par une grande tour centrale surmontée d’une flèche, le tout s’élevant à 60 mètres. Construit de pierre calcaire grise à paroi rocheuse avec des accents en pierre blanche lisse aux angles, aux contreforts, aux fenêtres, à des cordons sur la tour et aux chaperons au sommet de la tour.

Contrairement à l’extérieur tout en retenue, l’intérieur a été décrit comme relevant du style de la grande époque victorienne. Il serait un remaniement de ce que Laver et son partenaire Stent avaient proposé – en vain – pour la chambre du Sénat. Les magnifiques vitraux, les boiseries finement sculptées et le décor polychromatique reflètent ce style.

Le plafond, la plupart des murales et certains des vitraux sont l’œuvre de Guido Nincheri, un peintre et décorateur italo-canadien, datant des années 1920 et 1930.

En 1978, la Ville d’Ottawa a désigné Saint Patrick en vertu de la Loi sur le patrimoine de l’Ontario pour sa valeur historique et architecturale.

En 2009, la firme John G. Cooke & Associates a entrepris des travaux de restauration pour réparer et rejointoyer les murs de pierre, installer des ancrages et poser un nouveau toit en cuivre. L’église Saint Patrick a été appelée un des immeubles religieux les plus impressionnants d’Ottawa.

Sources

Ottawa : Guide du patrimoine bâti. Ottawa. Comité consultatif local pour la conservation de l’architecture, 2000.

Explorer la capitale : Guide architectural de la région d’Ottawa-Gatineau. Andrew Waldron. Vancouver et Ottawa [Presses de l’Université d’Ottawa], v. 2017.

The Parish of St. Patrick of Ottawa and What Led to It – an Historical Sketch. Maurice Casey. Ottawa : The Mortimer Co. Ltd. 1900.

Enduring Faith: A History of Saint Patrick’s Basilica Parish, Ottawa 1855-2005. Fred McEvoy et coll. Ottawa : St. Patrick’s Basilica, v. 2006.