23. La Colline du Parlement (1re partie)
Le complexe de la Colline du Parlement est peut-être l’ensemble d’édifices le plus reconnaissable du Canada. La Tour de la Paix qui la domine est un puissant symbole national.
La Colline du Parlement est le siège du gouvernement national du Canada depuis l’ouverture de sa première session parlementaire le 6 novembre 1867. Des événements marquants s’y sont produits, dont l’incendie de l’édifice du Centre en 1916, l’inauguration de la Tour de la Paix en 1927, le rapatriement de la Constitution canadienne en 1982, la célébration du nouveau millénaire en 2000, d’innombrables fêtes du Canada et des parades de la Garde de cérémonie depuis 1959.
Les édifices du Parlement se trouvent sur un promontoire à 50 mètres (160 pieds) au-dessus de la rivière des Outaouais. Jusqu’au début du 19e siècle, cette importante saillie naturelle offrait aux communautés autochtones locales une vue excellente sur la rivière et au-delà.
En 1812, le Loyaliste de l’Empire-Uni Thomas Fraser, achète le promontoire et d’autres terrains pour « douze livres en monnaie de la Nouvelle-Écosse ». En 1823, son fils Hugh réalisera une bonne affaire en vendant la Colline au lord Dalhousie pour 750 livres. Lord Dalhousie, gouverneur général de l’Amérique du Nord britannique, considérait que son emplacement imposant était idéal pour un fort gardant l’entrée du canal qui serait construit entre la rivière des Outaouais et Kingston. Lorsque le colonel By entame le projet du canal Rideau en 1826, le Régiment des sapeurs et mineurs s’établit sur le lieu, qu’on appellera la Colline des casernes.
Le rapport Durham de 1839 et l’Acte d’Union de 1840 changeront la Colline à tout jamais. Ils réuniront le Haut-Canada et le Bas-Canada pour constituer la Province du Canada, dont la capitale passera jusqu’en 1865 entre Kingston, Montréal, Toronto et Québec. Bytown, petite ville de bûcherons, n’avait pas été envisagée. En 1857 cependant, la reine Victoria déclare qu’Ottawa deviendra la capitale permanente de la Province du Canada. Le gouverneur général de l’époque, sir Edmund Walker Head, lui avait écrit qu’« Ottawa est le seul endroit acceptable pour la majorité au Haut-Canada et au Bas-Canada, comme un compromis équitable ». Ce sera une décision politique adroite.
La nouvelle capitale avait besoin de place pour les parlementaires et les fonctionnaires. La Colline des casernes était le lieu tout indiqué. En 1859, la Commission des travaux publics sollicite des plans pour des édifices publics : un édifice du parlement qui serait flanqué de deux édifices ministériels. Les structures devraient « être construites dans un style architectural simple et imposant, en pierre de taille équarrie ».
Que s’est-il passé ensuite? Ne manquez pas la partie 2.
Sources
Kalman, Harold, A History of Canadian Architecture, vol. 2, Oxford University Press, Toronto (Ontario), 1994.
Phillips, R.A.J., Édifice de l’Est des édifices parlementaires du Canada, Roger Duhamel, imprimeur de la Reine et contrôleur de la papeterie, Ottawa, 1967.
Waldron, Andrew, Explorer la capitale : Guide architectural de la région d’Ottawa-Gatineau, Vancouver et Ottawa (Presses de l’Université d’Ottawa), 2017.
Wright, Janet, Crown Assets; The Architecture of the Department of Public Works, 1867-1967, University of Toronto Press, Toronto (Ontario), 1997.
Patrimoine Ottawa, 50 ans | 50 récits : https://heritageottawa.org/fr/50years/2-ledifice-de-lest-la-colline-du-parlement
Boswell, Randy, « Time to acknowledge evidence: Parliament Hill sits on Indigenous territory », iPolitics, 9 novembre 2018 : https://www.ipolitics.ca/2018/11/09/time-to-acknowledge-evidence-parliament-hill-sits-on-indigenous-territory/
Gouvernement du Canada, Histoire de la Colline du Parlement : https://www.canada.ca/en/public-services-procurement/services/infrastructure-buildings/parliamentary-precinct/history.html