Un site abandonné vendu 1,8 million $ à Ottawa

Le cliché nous montre les deux murs restants de l’ancienne école. Photo: Simon Séguin-Bertrand, Le Droit

Tuesday, May 21, 2019

LE DROIT, Charles-Antoine Gagnon

Henry Cyr devra se trouver un nouvel endroit où jouer de la guitare.

Ce qu’il reste de l’immeuble où il s’était installé samedi matin à l’angle des rues Murray et Cumberland a été vendu jeudi dernier. Les lieux étaient la propriété du groupe immobilier Claude Lauzon.

La bâtisse laissée à l’abandon depuis plusieurs années abritait autrefois l’école Our Lady’s. Il ne reste aujourd'hui que deux murs soutenus par une structure en métal.

Après plusieurs mois de négociation, le terrain et les restes du squelette de l’édifice ont été vendus pour 1,8 million $, a confirmé samedi l’agent immobilier du vendeur.

La devanture de l’immeuble est devenue un lieu de flânage pour des membres de la clientèle des refuges d’urgence des secteurs de la Basse-Ville et du marché By. Une clôture en métal fait le tour du terrain.

Lors du passage du Droit samedi matin, les lieux étaient presque déserts. Seul Henry Cyr y était, offrant une de ses compositions de blues aux représentants du journal, pièce qu’il joue avec une tasse à café puisqu’il a perdu sa main gauche dans un accident.

L’édifice a été construit en 1904 et était une école pour filles. Le Groupe Claude Lauzon avait l’intention de construire un immeuble à logements de quatre étages, mais le projet a avorté. Claude Lauzon est décédé l'année dernière.

Le nom de l’acheteur n’a pas été divulgué samedi par l’ancien propriétaire et son agent immobilier. Si le nouveau propriétaire désire redévelopper le terrain, il pourrait devoir conserver la façade et le mur donnant sur la rue Cumberland puisque l’immeuble se trouve dans un district de conservation du patrimoine.

Le conseiller municipal du quartier Rideau-Vanier, Mathieu Fleury, a accueilli avec satisfaction la nouvelle de la vente, déplorant que l’ancien propriétaire n’ait pas protégé l’immeuble.

«Ça fait plusieurs années que nous souhaitions une vente. La Ville a hâte de tourner la page sur l’histoire de l'ancien propriétaire. Ce sera une belle occasion d’engager la communauté et de voir ce site être redéveloppé, espérons-le à court terme. C’est une pollution visuelle dans la Basse-Ville, en périphérie du marché By», a réagi M. Fleury.